Afrique et création
Centre Culturel Niavaran – Téhéran
27 avril – 4 mai 2005


Afrique et création
Berceau de l’humanité depuis des
millions d’années, l’Afrique est en perpétuelle évolution. C’est en
hommage à cette terre de création, pleine de couleurs, de voix et de
mystères et également à l’une des grandes et anciennes
civilisations, la civilisation perse, que la manifestation
Afrique et création est dédiée.
Placée dans le cadre du dialogue des
civilisations, la manifestation est proposée au public iranien par
les Ambassades des pays membres de la famille francophone et
organisée en collaboration avec le service de coopération et
d’action culturelle de l’Ambassade de France à Téhéran. Elle est
généreusement aidée et accueillie par le Centre Culturel de
Niavaran.
Les photographies présentées sont
issues des Rencontres de Bamako, au Mali, un rendez-vous
international d’artistes et de professionnels qui donne l’occasion
de mesurer le foisonnement et la qualité d’œuvres et de témoignages
photographiques originaux.
La vitalité de la production
cinématographique de la nouvelle génération de cinéastes africains,
proches de la vie d'aujourd'hui, l’idée même de la diversité
culturelle, du Maghreb à l’Afrique du Sud, trouvent leurs
expressions concrètes et vivantes dans le choix de quatre films
sélectionnés pour cette manifestation.
La manifestation est aussi
l’occasion d’une promenade musicale dans différentes régions du
continent. Au son de la kora, du balafon, de la calebasse, c’est une
invitation à écouter les albums de Touré Kunda, Youssou N’dour,
Salif Keita, Boubakar Traoré, Demba Ba, Djonimbo, Bawa Basekwi et
d’autres talents encore qui offrent aux auditeurs iraniens la
couleur et la sonorité des villes et des pays d’Afrique.
Et pour
créer des ponts dans cette diversité culturelle, dans cette
ouverture aux autres, des musiciens traditionnels de la région de
Boushehr sont invités à se produire, en direct, au cœur de
l’exposition, au cœur du public de Téhéran.
La diversité des thèmes artistiques
qui marque le programme de cette manifestation constitue le prélude
à la célébration de la journée mondiale de la francophonie en Iran
et ailleurs dans le monde. Elle est l’expression de la richesse et
de la diversité des cultures dans les pays ayant le français en
partage. Ainsi, cette fête à Téhéran réunit dans la symbiose tous
ceux qui croient aux valeurs communes de la Francophonie et oeuvrent
pour leur rayonnement.
S.Exc. M. Mouldi
Sakri
Ambassadeur de Tunisie en Iran
Secrétaire Général du Groupe
Francophone
Rencontre avec le cinéma du sud
Quatre films, quatre histoires, quatre pays, du Maghreb à l’Afrique
du Sud, sont projetés pour découvrir ou re-découvrir la vitalité et
les couleurs du continent africain. Ces films nous entraînent à leur
manière à la découverte d'une Afrique toujours plus vivante,
toujours plus étonnante, complexe et infiniment riche de ses
identités. Contes et légendes, jeux d’enfance, rites initiatiques…
jouent un rôle déterminant dans
l'affirmation de la création et de l'identité culturelle de ces
productions.
Depuis vingt ans, de nombreux
cinéastes des pays du sud reçoivent le soutien de professionnels
français par le biais du Fonds Sud. Mis en place par les ministères
français des Affaires étrangères et de la Culture, le Fonds Sud est
un outil original, un formidable levier qui permet la création
cinématographique en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie et en
Amérique Latine. Avec le soutien à 320 films, ce fonds a
incontestablement imprimé sa griffe sur le paysage cinématographique
dans le monde et permis à des cinéastes d’imprimer leurs rêves sur
la pellicule.
Programme
Mercredi 27 avril
18h – 20 h Ouverture et vernissage de la manifestation
en présence de Simon Njami, commissaire de
l’exposition
Concert d’ouverture de l’Ensemble Boushehri
Jeudi 28 avril
16h – 18 h Rencontre et discussion autour de la photographie
contemporaine animée par Simon Njami
16h – 18 h Projection de ‘Hyènes’
18h – 19 h Concert de l’Ensemble Boushehri
Samedi 30 avril
10 h – 12 h Rencontre et discussion autour de la photographie
contemporaine animée par Simon Njami
16h – 18 h Rencontre et discussion autour de la photographie
contemporaine animée par Simon Njami
18h – 20h Projection de ‘Les silences du palais’
Dimanche 1er mai
16h – 18 h Projection de ‘Lettre d’amour Zoulou’
18h – 20 h Projection de ‘Ali Zaoua’
Lundi 2 mai
16h – 18 h Projection de ‘Les silence du palais
18h – 20 h Projection de ‘Hyènes’
Mardi 3 mai
16h – 18 h Projection de ‘Lettre d’amour Zoulou’
18h – 20 h Projection de ‘Ali Zaoua’
Mercredi 4 mai
Journée de la francophonie
15h – 17 h Table ronde sur les enjeux de la francophonie
aujourd’hui, animée par Jack Batho, Agence Intergouvernementale de
la Francophonie (AIF)
18h00 Réception à la Résidence (sur invitation)
Remise des prix des deux concours nationaux
de langue française
ALI ZAOUA
- Maroc, 2000
Ali,
Kwika, Omar et Boubker sont des enfants des rues. Au-delà de toutes
les galères quotidiennes, une amitié indéfectible les lie. Très
vite, Ali est tué dans une bagarre entre bandes rivales. Dorénavant,
ses trois amis n’auront qu’un seul but, lui offrir l’enterrement
qu’il mérite.
Durée : 90 minutes
Ce
film a été sélectionné dans les festivals de Toronto, Tokyo,
Sundance, Berlin, Mar del Plata, Amiens (Prix du public 2000),
Stockholm (Grand prix 2000), Fespaco (Grand prix 2001).
Nabil Ayouch
est né en 1969, de père marocain et de mère française. Après 3 ans
de cours de théâtre, il s’oriente vers la réalisation. Il réalise
plus d’une cinquantaine de spots publicitaires et réalise en 1992
son premier court -métrage Les Pierres Bleues du Désert avec
Jamel Debbouze, suivent deux autres courts-métrages Hertzienne
Connexion et Vendeur de Silence, tous largement primés
dans divers festivals internationaux. En 1997, il réalise Mektoub,
son premier long-métrage, un record historique du box-office
marocain avec plus de 350 000 entrées et le représentant officiel du
Maroc aux Oscars 1999.
HYENES
– Sénégal, 1992
Incroyable nouvelle pour les
habitants de Colobane : Linguère Ramatou, devenue
archi-milliardaire, revient au pays. Draman Drameh qui fut son amant
se précipite pour l’accueillir. Au cours d’un grand banquet,
Linguère Ramatou annonce qu’elle va faire un don de cent milliards à
une seule condition : sacrifier la vie de Draman qui l’avait trahie…
Durée : 110 minutes
Ce
film a été sélectionné au Festival de Cannes (1992), Locarno,
New-York, Carthage et Bruxelles.
Djibril Diop Mambety
est né au Sénégal. Après avoir travaillé au théâtre, il réalise son
premier court-métrage. Après Hyènes, il réalise Le franc et
La petite vendeuse de soleil (1999), deuxième volet d’une
trilogie restée inachevée à cause de la disparition brutale du
réalisateur.
LETTRE D’AMOUR ZOULOU
– Afrique du Sud, 2004
Thandeka est journaliste et noire.
L’alcool la ronge, la perturbe dans son travail et dans ses
relations avec sa fille, sourde et muette. Une vieille femme, Metua,
se présente au journal pour demander à Thandeka de témoigner à la
commission ‘Vérité et réconciliation’ pour que les restes de sa
fille assassinée soient retrouvés et ensevelis conformément à la
tradition zoulou.
Ramadan Suleman
est né en 1955 à Durban. Après avoir réalisé un documentaire et un
court-métrage, il passe à la réalisation de son premier long-métrage
Fools en 1997, puis de Lettre d’amour Zoulou.
Durée : 105 minutes
LES
SILENCES DU PALAIS
– Tunisie,
1994
Alia,
25 ans, ne veut plus chanter dans les mariages. Elle exprime le
dégoût de sa vie et une révolte sourde contre Lotfi, qui partage sa
vie depuis dix ans sans l’avoir jamais épousée. L’annonce de la mort
du prince Sid Ali, un ex-bey, la replonge brutalement dans son
passé. A l’occasion des obsèques, elle revisite le palais de son
enfance et de son adolescence, où elle est née d’une mère servante
et d’un père inconnu… qui pourrait être le prince.
Durée : 127 minutes
Ce
film a été sélectionné au Festival de Cannes et a reçu la Mention
Spéciale du Jury et la Caméra d’Or en 1994, Carthage (Tanit d’Or),
Chicago (meilleur premier film), Toronto (Prix de la Critique).
Moufida Tlatli
a étudié le cinéma à l’IDHEC (Paris) en 1968. Script puis directrice
de production à l’ORTF (Paris) jusqu’en 1972, elle devient
chef-monteuse de plusieurs films de longs et courts métrages tant en
Tunisie que dans d’autres pays étrangers. Elle reçoit plusieurs fois
le prix du meilleur montage aux Festivals de Carthage et de
Ouagadougou pour Aziza de A. Ben Ammar, La mémoire
fertile de M. Khelifi, L’ombre de la Terre de
T. Louchichi et La fête du cinéma de F. Boughedir. Les
silences du Palais est son premier long métrage.
ABOUNA
- Tchad, 2002
Amine et
Tahir, deux frères, apprennent que leur père a disparu. Ils sont
d’autant plus déçus qu’il devait arbitrer le match de football
opposant les enfants du quartier. Ils décident de partir à sa
recherche à travers une longue errance dans la ville. Epuisés, ils
finissent par se réfugier dans une salle de cinéma où il leur semble
reconnaître leur père à l’écran.
Mahamat-Saleh Haroun
est né en 1961. Après des études de cinéma en France, il étudie le
journalisme. En 1994, Mahamat-Saleh Haroun réalise son premier
court-métrage. Abouna est son second long-métrage.
Durée : 81
minutes
Ce film a été
sélectionné au festival de Cannes (Quinzaine des réalisateurs) et
aux Oscars en 2003.
EN ATTENDANT LE BONHEUR
- Mauritanie,
2002
Abdallah, un jeune homme, retrouve sa mère dans une petite ville de
la côte mauritanienne en attendant son départ vers l’Europe. Dans ce
lieu d’exil dont il ne comprend pas la langue, il essaie de
déchiffrer l’univers qui l’entoure. Les destins se croisent et se
décroisent au fil des jours, les regards fixés sur l’horizon en
attendant un hypothétique bonheur.
Abderrahmane Sissako
est né en 1961. Après une enfance au Mali, il étudie le cinéma à
Moscou. Diplômé en 1989, il réalise son premier film Le jeu,
qui est sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs au Festival de
Cannes. A ce jour, il a réalisé six films.
Durée : 95 minutes
Ce film a été sélectionné au festival de Cannes (Un certain regard),
Prix de la critique internationale au Festival de Cannes (2002) et
Etalon de Yennenga au Fespaco (2003).
LE PRIX DU PARDON
– Sénégal, 2001
Un
épais brouillard tombe depuis plusieurs jours sur un village de la
côte du Sénégal, empêchant les pirogues de partir en mer. Le vieux
marabout du village est mourant et son fils, Mbanik, doit défier les
esprits à sa place. Lorsque le brouillard disparaît, Mbanik gagne la
reconnaissance des villageois et conquiert un peu plus le cœur de
Maxoye. Mais ces succès attisent la jalousie de son ami d’enfance…
Mansour Sora Wade
est né en 1952. Il étudie le cinéma en France puis retourne à Dakar
pour travailler aux Archives audiovisuelles. Il s’engage dans une
carrière de cinéaste en tournant des documentaires.
Durée : 90 minutes
Ce film a été reçu le Tanit d’Or au Festival de Carthage (Tunisie)
en 2002.
Musique traditionnelle - Ensemble
Boushehri
La musique traditionnelle de Boushehr
est un mélange unique de traditions persanes, arabes, africaines et
indiennes, qui se sont rencontrées il y a des siècles dans ce
carrefour culturel du sud de l’Iran, sur les rives du Golfe
Persique. Cette diversité est le résultat d’une étonnante richesse
de traditions, où la musique joue un rôle vital dans tous les
aspects de la vie : la religion, le travail, les évènements sociaux,
les drames, la thérapie, et la transe.
Les instruments principaux incluent
le Neyanban (cornemuse iranienne), Neyjofti (double
flûte), Dammam (percussion à double face), Zarbetempo
(percussions), flûte traditionnelle, Senj (cymbale), Boogh
(corne).
Habib Mefhtaboushehri :
Dammam, Zarbetempo, Flûte
Dès son
plus jeune âge, il apprend à jouer de la flûte et du Zarbetempo,
tout en bénéficiant de l’expérience et des conseils de son père et
des vieux maîtres de la ville. A vingt ans, il est invité par Saeid
Shanbehzadeh à rejoindre l’Ensemble ZÂR, et à enseigner dans la
Maison des Arts de Kish. Il a participé à plusieurs représentations
en Europe et au Brésil.
Abdollah Moghateli Motlagh :
Chant
Il
commence à chanter à l’âge de dix ans, avec un vieux maître de
« Charveh », un chant mélodieux, très ornementé et spécifique à
cette région. Il connaît tous les différents styles de chants de la
région (chants de marins, transe, charveh, musique religieuse). Il
travaille avec le l’Ensemble ZÂR depuis dix ans, et participe à
toutes les activités du groupe : tournées, concerts,
enregistrements.
Mahmoud Bardak Nia
: Dammam, Bough
Né dans une famille de musiciens, Mahmoud est
un des meilleurs joueurs de Dammam actuellement en Iran. Il
travaille également avec l’Ensemble ZÂR depuis dix ans.
Nemat Mobaraki :
Ney Anban
Il a 27 ans et joue du Ney Anban depuis l’âge
de 10 ans. Sa fougue et son talent artistique l’ont amené à jouer
dans différents groupes de Boushehr et est présent comme invité.
Journée de la Francophonie
4 mai 2005
"La Francophonie, ce n'est pas seulement la défense d'une langue.
C'est, à travers et par la défense de cette langue, le combat pour
certaines valeurs. La Francophonie, ce n'est pas seulement la
défense de la langue française. C'est, à travers et par la promotion
de la langue française, l'engagement en faveur de la diversité
linguistique et, au-delà, de la diversité culturelle et du dialogue
des cultures."
Abdou Diouf,
Secrétaire général de l'Organisation internationale de la
Francophonie.
Chaque année, dans plus d’une centaine de pays, la
fête de la Francophonie a pour but de valoriser la langue que nous
avons en partage, toute la richesse de la diversité des cultures, la
force des valeurs humanistes.
La mission et les
orientations de la Francophonie ont été définis dans des objectifs :
promouvoir la langue française et la diversité culturelle et
linguistique ; promouvoir la paix ; appuyer l’éducation, la
formation, l’enseignement supérieur et la recherche ; développer la
coopération au service du développement durable et de la solidarité.
Pour atteindre ces objectifs, en montrant bien que la Francophonie
est plurielle et moderne, qu’elle est engagée dans la réalité du
monde et disponible pour contribuer à relever le défi de la paix et
celui de la diversité, la participation et le soutien actif sont
essentiels.
Depuis plusieurs
années, l’Ambassade de France en Iran organise un concours national
autour de la langue ouvert aux jeunes iraniens francophones. Composé
de personnalités, le jury récompense par un voyage d’une semaine à
Paris deux lauréats sélectionnés pour l’excellence de leurs écrits.
Pour la deuxième année consécutive, un nouveau
concours en direction des enfants, jeunes apprenants de français, a
été mis en place sur l’ensemble du pays.
Paix, dialogue et diversité culturelle sont des
thèmes abordés lors de la table-ronde publique animée par M. Jack
Batho, directeur de la programmation à l’Agence Intergouvernementale
de la Francophonie et spécialiste des questions de francophonie et
de diplomatie culturelle.
Ces rencontres seront donc l’occasion de célébrer la
Francophonie en portant ses valeurs d’amitié dans la diversité.
Rencontre avec la photographie
Placées sous le thème de l’ouverture,
ouverture aux autres, au monde et à toutes les expressions
artistiques, la 5ème édition des Rencontres de la
photographie africaine de Bamako donnent un visage concret et
attrayant de la diversité culturelle pour laquelle la France se
mobilise, partout dans le monde. Bamako est donc la capitale de la
photographie africaine, mais d’une Afrique qui livre son regard et
reçoit celui des autres. Confrontation de sujets et de points de
vue, échange à plusieurs voix entre créateurs et spectateurs, loin
d’un discours convenu sur la diversité culturelle et au cœur du
dialogue entre les cultures.
Le thème général de l’exposition
porte sur le sens du rite dans les sociétés. Qu’ils soient sacrés ou
profanes, ils révèlent l’essence même de notre humanité. Lorsque les
rites sacrés sont habités par Dieu ou les dieux, les rites profanes
se préoccupent de l’individu. Lorsque nous les appliquons à la
photographie, ils illustrent la relation que nous entretenons avec
le problème de la représentation. Le sacré est par définition ce que
nous ne pouvons pas voir. Ce qui ne doit pas être vu. Le profane est
commun. L’expérience de la vie quotidienne.
L’Association Française d’Action
Artistique (AFAA) propose un choix de huit photographes,
soixante-dix photographies pour une exposition itinérante dans le
monde. Trois photographes d’Afrique du Nord, l’un Thami Benkirane,
évoquant l’un des rites de l’Aïd el-Kebir, Mohamed Dib, une Algérie
nostalgique et Zoulikha Bouabdellah montrent que désormais le
Maghreb fait partie intégrante des Rencontres Africaines. Avec André
Albany, c’est le rythme suranné d’une Réunion aux parfums coloniaux.
Zwelethu Mthethwa, révèle un christianisme aux accents syncrétiques.
Michèle Magema et Myriam Mihindou sont de jeunes africaines qui
s’interrogent sur le rôle de la femme dans la société
traditionnelle. Enfin, Emeka Udemba s’intéresse aux symboles de la
vie communautaire en Afrique du Sud.
Simon Njami, commissaire des
expositions de Bamako, est l’invité d’honneur de ces rencontres
entre l’Afrique et l’Iran. Au cours de cette manifestation, il
animera des discussions autour de la photographie contemporaine et
présentera les projections de l’ensemble des photographies de la 5ème
Rencontre de Bamako.
Zineb Sedira
Algérie
Son œuvre se lit comme une
autobiographie qui met en lumière les paradoxes de sa double
identité algérienne et française, auquel s’ajoute son statut de
résidente en Angleterre. Elle utilise la vidéo, la photographie,
l’écriture, l’espace d’installation et la technologie d’ordinateur
pour examiner les différentes thématiques que sont la famille, le
langage et la mémoire. Elle aime questionner et réinterpréter la
dichotomie entre les images familières occidentales et les icônes et
rituels arabes islamiques. La relation mère-fille est l’un de ses
thèmes favori.
Thami BENKIRANE
Maroc
Thami Benkirane
est né en 1954 à Fès, où il vit et enseigne à la Faculté de Lettres.
Le rite sacré que décrit la série Revenons à nos moutons
dérive de la parabole biblique dans laquelle Abraham est sommé de
sacrifier son unique fils à Dieu. Sauvé de cette épreuve, il sera
remplacé par un agneau qui fera désormais office de victime
sacrificielle.
Ainsi, chaque année lors de l’Aïd
el-Kébir des milliers de moutons sont sacrifiés. A une échelle plus
réduite, celle de l'immeuble du photographe, le même rituel est
observé : chaque famille marocaine musulmane commémore le sacrifice
d'Abraham. La cour intérieure commune à l'immeuble est transformée
pendant quelques heures en abattoir improvisé.
André ALBANY
La Réunion
Né en 1903, à Saint-André, Île de La
Réunion, André Albany s’initie à la photographie aux côtés de
son père. Lors d’une exposition, ses oeuvres sont remarquées par
certaines autorités locales et une bourse lui est accordée afin
d’étudier la photographie à Paris.
Il est le premier élève inscrit à
l’Ecole Nationale de la Photographie (Vaugirard-Louis Lumière),
créée en 1926. Après cet apprentissage parisien, il revient à la
Réunion et installe son premier studio à Saint-André. Des années
1930 à 1980, André Albany réalise quelque 10 000 photographies,
ainsi que des films documentaires, ayant pour thème principal l’Île
de La Réunion. A la fois reporter et « illustrateur », comme il lui
plaît de se définir, il est un remarquable témoin d’une histoire
réunionnaise en mouvement.
Zoulikha BOUABDELLAH
Algérie
Zoulikha Bouabdellah
est née en 1977 à Moscou. En 1997 elle entre à l’Ecole Nationale
Supérieure des Beaux-Arts à Paris. En 2005 elle obtient une bourse
de résidence Villa Médicis hors les murs à Cape Town, en Afrique du
Sud. Son travail vidéographique et photographique tisse des liens
entre l’intime et le collectif, le passé et le présent, l’ici et
l’ailleurs. Les deux séries de photographies Tempo et Thé
sont un prétexte à la réflexion sur le temps.
Comment
matérialiser le temps alors qu’il est défini comme la “matière usée
” ? Comment le photographier alors qu’il est l’une des conditions
préalables à la réalisation de l’image par le biais de la lumière ?
Mohamed DIB
Algérie
Né à Tlemcen en 1920, Mohamed Dib
obtient deux certificats d’études «l’indigène» et «l’européen» puis
devient instituteur en 1938. A partir de 1951 il est journaliste à
‘Alger républicain’ et à ‘Liberté’. C’est en 1952 que paraît la
Grande Maison, son premier roman qui décrit l’Algérie rurale des
années 30. Suivent l’Incendie (1954) et Le Métier à tisser
(1957), trilogie sur ce pays dont il sera expulsé en 1959 en raison
de ses activités militantes.
Son oeuvre, forte de nombreux romans
et poèmes, est récompensée entre autres par le Grand Prix de la
Francophonie en 1994. Les photographies prises à Tlemcen en 1946
forment à part entière un maillon de cette oeuvre empreinte de
nostalgie et d’espoir. Mohamed Dib s’est éteint le 2 mai 2003.
Michèle MAGEMA
République du Congo
Michèle Magema
est née à Kinshasa en 1977. Son travail entretient un dialogue
permanent entre sa culture congolaise et sa culture française
d’adoption. Dans ses photographies et ses vidéos, Michèle Magema
donne à voir l'intime dans ce qu'il peut avoir de plus trivial (Mes
Petits rituels et ses gestes quotidiens de la toilette).
C'est dans cette trivialité même que
son travail accède à une dimension historique et politique, faisant
partager la plus singulière des expériences : le déracinement.
Renvoyant au statut de la femme, c'est le regard porté sur elle qui
est dévoilé, aussi celui qu'elle porte sur elle-même, y compris
lorsque le poids des traditions ne semble plus avoir d'emprise sur
elle.
Myriam MIHINDOU
Gabon
Myriam Mihindou,
née en 1964, a passé son enfance au Gabon. Elle s’inscrit à l’Ecole
des Beaux-Arts de Bordeaux où elle commence à explorer le thème
Rupture et sevrage, questionnant le rapport à l’espace
qu’entretient l’être humain en exil. Elle part pour l’Ile de la
Réunion, où la rencontre de poètes, musiciens, plasticiens
réunionnais est enrichissante. Myriam Mihindou présente une
exposition personnelle au FRAC-Réunion : Tout le monde a peur,
qui permet de découvrir ses premières photographies, véritables
sculptures de chair. La Relique d’un corps domestique
poursuit cette vision d’un corps féminin qui, en rupture avec son
caractère d’icône, laisse affleurer un langage aussi poétique que
violent.
Zwelethu MTHETHWA
Afrique du Sud
Zwelethu Mthethwa est diplômé
de l’Institut des Beaux-Arts de l’Université du Cap, où il a suivi
une formation de photographe. Il s’installe ensuite aux Etats-Unis,
où il entreprend un doctorat à New York. De retour en Afrique du
Sud, il crée des portraits d’individus dans leur espace intime, dans
les bidonvilles aux alentours du Cap.
Dans la série Sacred Homes
(1999), le souvenir de poussières et de cire émane des tons adoucis
d’images qui figent ces moments d’extase rapprochant l’être humain
du spirituel, ces cérémonies qui mêlent la subjectivité à la
croyance collective, le personnel au social.
Emeka UDEMBA
Afrique du Sud
Emeka Udemba
est né au Nigéria en 1968. Il crée également des installations. Ses
œuvres traitent de la communication et de l’expérience humaine dans
la sphère sociale et politique, à laquelle on accède par des
interfaces de plus en plus transparentes. Cela se manifeste avec
force dans ses photographies, où des lambeaux d’affiches collées aux
murs et sur d’autres espaces jouent un rôle central.
Pour Udemba, ces affiches collées de
façon illicite dans des lieux publics, participent d’une
sous-culture d’information. Leurs contenus, taillés sur mesure pour
les lieux immédiats, reflètent une intimité qui représente la vie
sociale et la culture des communautés.