Niavaran Artistic Creations Foundation 

 

 
 
 
 

 

 

Afrique et création

Centre Culturel Niavaran – Téhéran

27 avril – 4 mai 2005

 

 

 

Afrique et création

 

Berceau de l’humanité depuis des millions d’années, l’Afrique est en perpétuelle évolution. C’est en hommage à cette terre de création, pleine de couleurs, de voix et de mystères et également à l’une des grandes et anciennes civilisations, la civilisation perse, que la manifestation Afrique et création est dédiée.

Placée dans le cadre du dialogue des civilisations, la manifestation est proposée au public iranien par les Ambassades des pays membres de la famille francophone et organisée en collaboration avec le service de coopération et d’action culturelle de l’Ambassade de France à Téhéran. Elle est généreusement aidée et accueillie par le Centre Culturel de Niavaran.

Les photographies présentées sont issues des Rencontres de Bamako, au Mali, un rendez-vous international d’artistes et de professionnels qui donne l’occasion de mesurer le foisonnement et la qualité d’œuvres et de témoignages photographiques originaux.

La vitalité de la production cinématographique de la nouvelle génération de cinéastes africains, proches de la vie d'aujourd'hui, l’idée même de la diversité culturelle, du Maghreb à l’Afrique du Sud, trouvent leurs expressions concrètes et vivantes dans le choix de quatre films sélectionnés pour cette manifestation.

La  manifestation est aussi l’occasion d’une promenade musicale dans différentes régions du continent. Au son de la kora, du balafon, de la calebasse, c’est une invitation à écouter les albums de Touré Kunda, Youssou N’dour, Salif Keita, Boubakar Traoré, Demba Ba, Djonimbo, Bawa Basekwi et d’autres talents encore qui offrent aux auditeurs iraniens la couleur et la sonorité des villes et des pays d’Afrique. 

Et pour créer des ponts dans cette diversité culturelle, dans cette ouverture aux autres, des musiciens traditionnels de la région de Boushehr sont invités à se produire, en direct, au cœur de l’exposition, au cœur du public de Téhéran.

La diversité des thèmes artistiques qui marque le programme de cette manifestation constitue le prélude à la célébration de la journée mondiale de la francophonie en Iran et ailleurs dans le monde. Elle est l’expression de la richesse et de la diversité des cultures dans les pays ayant le français en partage. Ainsi, cette fête à Téhéran réunit dans la symbiose tous ceux qui croient aux valeurs communes de la Francophonie et oeuvrent pour leur rayonnement.

 

 

 

S.Exc. M. Mouldi Sakri

Ambassadeur de Tunisie en Iran

    Secrétaire Général du Groupe Francophone


 

Rencontre avec le cinéma du sud

  

Quatre films, quatre histoires, quatre pays, du Maghreb à l’Afrique du Sud, sont projetés pour découvrir ou re-découvrir la vitalité et les couleurs du continent africain. Ces films nous entraînent à leur manière à la découverte d'une Afrique toujours plus vivante, toujours plus étonnante, complexe et infiniment riche de ses identités. Contes et légendes, jeux d’enfance, rites initiatiques… jouent un rôle déterminant dans l'affirmation de la création et de l'identité culturelle de ces productions.

Depuis vingt ans, de nombreux cinéastes des pays du sud reçoivent le soutien de professionnels français par le biais du Fonds Sud. Mis en place par les ministères français des Affaires étrangères et de la Culture, le Fonds Sud est un outil original, un formidable levier qui permet la création cinématographique en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie et en Amérique Latine. Avec le soutien à 320 films, ce fonds a incontestablement imprimé sa griffe sur le paysage cinématographique dans le monde et permis à des cinéastes d’imprimer leurs rêves sur la pellicule.

 


 

 

Programme

 

 

Mercredi 27 avril

18h – 20 h       Ouverture et vernissage de la manifestation

                        en présence de Simon Njami, commissaire de l’exposition

                        Concert d’ouverture de l’Ensemble Boushehri

 

Jeudi 28 avril

16h – 18 h       Rencontre et discussion autour de la photographie contemporaine animée par Simon Njami

16h – 18 h       Projection de ‘Hyènes’

18h – 19 h       Concert de l’Ensemble Boushehri

 

 

Samedi 30 avril

10 h – 12 h      Rencontre et discussion autour de la photographie contemporaine animée par Simon Njami

16h – 18 h       Rencontre et discussion autour de la photographie contemporaine animée par Simon Njami

18h – 20h        Projection de ‘Les silences du palais’

 

Dimanche 1er mai

16h – 18 h       Projection de ‘Lettre d’amour Zoulou’

18h – 20 h       Projection de ‘Ali Zaoua’

 

Lundi 2 mai

16h – 18 h       Projection de ‘Les silence du palais

18h – 20 h       Projection de ‘Hyènes’

 

Mardi 3 mai

16h – 18 h       Projection de ‘Lettre d’amour Zoulou’

18h – 20 h       Projection de ‘Ali Zaoua’

 

Mercredi 4 mai  Journée de la francophonie

15h – 17 h       Table ronde sur les enjeux de la francophonie aujourd’hui, animée par Jack Batho, Agence Intergouvernementale de la Francophonie (AIF)

 

18h00              Réception à la Résidence (sur invitation)

                        Remise des prix des deux concours nationaux de langue française

 


 

ALI ZAOUA - Maroc, 2000

 

Ali, Kwika, Omar et Boubker sont des enfants des rues. Au-delà de toutes les galères quotidiennes, une amitié indéfectible les lie. Très vite, Ali est tué dans une bagarre entre bandes rivales. Dorénavant, ses trois amis n’auront qu’un seul but, lui offrir l’enterrement qu’il mérite.

Durée : 90 minutes

Ce film a été sélectionné dans les festivals de Toronto, Tokyo, Sundance, Berlin, Mar del Plata, Amiens (Prix du public 2000), Stockholm (Grand prix 2000), Fespaco (Grand prix 2001).

Nabil Ayouch est né en 1969, de père marocain et de mère française. Après 3 ans de cours de théâtre, il s’oriente vers la réalisation. Il réalise plus d’une cinquantaine de spots publicitaires et réalise en 1992 son premier court -métrage Les Pierres Bleues du Désert avec Jamel Debbouze, suivent deux autres courts-métrages Hertzienne Connexion et Vendeur de Silence, tous largement primés dans divers festivals internationaux. En 1997, il réalise Mektoub, son premier long-métrage, un record historique du box-office marocain avec plus de 350 000 entrées et le représentant officiel du Maroc aux Oscars 1999.

 


 

HYENES – Sénégal, 1992

 

Incroyable nouvelle pour les habitants de Colobane : Linguère Ramatou, devenue archi-milliardaire, revient au pays. Draman Drameh qui fut son amant se précipite pour l’accueillir. Au cours d’un grand banquet, Linguère Ramatou annonce qu’elle va faire un don de cent milliards à une seule condition : sacrifier la vie de Draman qui l’avait trahie…

Durée : 110 minutes

Ce film a été sélectionné au Festival de Cannes (1992), Locarno, New-York, Carthage et Bruxelles.

 

Djibril Diop Mambety est né au Sénégal. Après avoir travaillé au théâtre, il réalise son premier court-métrage. Après Hyènes, il réalise Le franc et La petite vendeuse de soleil (1999), deuxième volet d’une trilogie restée inachevée à cause de la disparition brutale du réalisateur.

 


 

LETTRE D’AMOUR ZOULOU – Afrique du Sud, 2004

 

Thandeka est journaliste et noire. L’alcool la ronge, la perturbe dans son travail et dans ses relations avec sa fille, sourde et muette. Une vieille femme, Metua, se présente au journal pour demander à Thandeka de témoigner à la commission ‘Vérité et réconciliation’ pour que les restes de sa fille assassinée soient retrouvés et ensevelis conformément à la tradition zoulou.

 

Ramadan Suleman est né en 1955 à Durban. Après avoir réalisé un documentaire et un court-métrage, il passe à la réalisation de son premier long-métrage Fools en 1997, puis de Lettre d’amour Zoulou.

Durée : 105 minutes

 


 

 LES SILENCES DU PALAIS – Tunisie, 1994

 

Alia, 25 ans, ne veut plus chanter dans les mariages. Elle exprime le dégoût de sa vie et une révolte sourde contre Lotfi, qui partage sa vie depuis dix ans sans l’avoir jamais épousée. L’annonce de la mort du prince Sid Ali, un ex-bey, la replonge brutalement dans son passé. A l’occasion des obsèques, elle revisite le palais de son enfance et de son adolescence, où elle est née d’une mère servante et d’un père inconnu… qui pourrait être le prince.

Durée : 127 minutes

Ce film  a été sélectionné au Festival de Cannes et a reçu la Mention Spéciale du Jury et la Caméra d’Or en 1994, Carthage (Tanit d’Or), Chicago (meilleur premier film), Toronto (Prix de la Critique).

 

Moufida Tlatli a étudié le cinéma à l’IDHEC (Paris) en 1968. Script puis directrice de production à l’ORTF (Paris) jusqu’en 1972, elle devient chef-monteuse de plusieurs films de longs et courts métrages tant en Tunisie que dans d’autres pays étrangers. Elle reçoit plusieurs fois le prix du meilleur montage aux Festivals de Carthage et de Ouagadougou pour  Aziza de A. Ben Ammar, La mémoire fertile de M. Khelifi, L’ombre de la Terre de T. Louchichi et La fête du cinéma de F. Boughedir. Les silences du Palais est son premier long métrage.


ABOUNA - Tchad, 2002

 

Amine et Tahir, deux frères, apprennent que leur père a disparu. Ils sont d’autant plus déçus qu’il devait arbitrer le match de football opposant les enfants du quartier. Ils décident de partir à sa recherche à travers une longue errance dans la ville. Epuisés, ils finissent par se réfugier dans une salle de cinéma où il leur semble reconnaître leur père à l’écran.

 

Mahamat-Saleh Haroun est né en 1961. Après des études de cinéma en France, il étudie le journalisme. En 1994, Mahamat-Saleh Haroun réalise son premier court-métrage. Abouna est son second long-métrage.

Durée : 81 minutes

Ce film a été sélectionné au festival de Cannes (Quinzaine des réalisateurs) et aux Oscars en 2003.


 

EN ATTENDANT LE BONHEUR - Mauritanie, 2002

 

Abdallah, un jeune homme, retrouve sa mère dans une petite ville de la côte mauritanienne en attendant son départ vers l’Europe. Dans ce lieu d’exil dont il ne comprend pas la langue, il essaie de déchiffrer l’univers qui l’entoure. Les destins se croisent et se décroisent au fil des jours, les regards fixés sur l’horizon en attendant un hypothétique bonheur.

 

Abderrahmane Sissako est né en 1961. Après une enfance au Mali, il étudie le cinéma à Moscou. Diplômé en 1989, il réalise son premier film Le jeu, qui est sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes. A ce jour, il a réalisé six films.

Durée : 95 minutes

Ce film a été sélectionné au festival de Cannes (Un certain regard), Prix de la critique internationale au Festival de Cannes (2002) et Etalon de Yennenga au Fespaco (2003).


LE PRIX DU PARDON – Sénégal, 2001

 

Un épais brouillard tombe depuis plusieurs jours sur un village de la côte du Sénégal, empêchant les pirogues de partir en mer. Le vieux marabout du village est mourant et son fils, Mbanik, doit défier les esprits à sa place. Lorsque le brouillard disparaît, Mbanik gagne la reconnaissance des villageois et conquiert un peu plus le cœur de Maxoye. Mais ces succès attisent la jalousie de son ami d’enfance…

 

Mansour Sora Wade est né en 1952. Il étudie le cinéma en France puis retourne à Dakar pour travailler aux Archives audiovisuelles. Il s’engage dans une carrière de cinéaste en tournant des documentaires.

Durée : 90 minutes

Ce film a été reçu le Tanit d’Or au Festival de Carthage (Tunisie) en 2002.


Musique traditionnelle -  Ensemble Boushehri

 

La musique traditionnelle de Boushehr est un mélange unique de traditions persanes, arabes, africaines et indiennes, qui se sont rencontrées il y a des siècles dans ce carrefour culturel du sud de l’Iran, sur les rives du Golfe Persique. Cette diversité est le résultat d’une étonnante richesse de traditions, où la musique joue un rôle vital dans tous les aspects de la vie : la religion, le travail, les évènements sociaux, les drames, la thérapie, et la transe.

Les instruments principaux incluent le  Neyanban (cornemuse iranienne), Neyjofti (double flûte),  Dammam (percussion à double face), Zarbetempo (percussions), flûte traditionnelle, Senj (cymbale), Boogh (corne).


Habib Mefhtaboushehri : Dammam, Zarbetempo, Flûte

 

Dès son plus jeune âge, il apprend à jouer de la flûte et du Zarbetempo, tout en bénéficiant de l’expérience et des conseils de son père et des vieux maîtres de la ville. A vingt ans, il est invité par Saeid Shanbehzadeh à rejoindre l’Ensemble ZÂR, et à enseigner dans la Maison des Arts de Kish. Il a participé à plusieurs représentations en Europe et au Brésil.


Abdollah  Moghateli Motlagh : Chant

 

Il commence à chanter à l’âge de dix ans, avec un vieux maître de « Charveh », un chant mélodieux, très ornementé et spécifique à cette région. Il connaît tous les différents styles de chants  de la région (chants de marins, transe, charveh, musique religieuse). Il travaille avec le l’Ensemble ZÂR depuis dix ans, et participe à toutes les activités du groupe : tournées, concerts, enregistrements. 


Mahmoud Bardak Nia : Dammam, Bough

 

Né dans une famille de musiciens, Mahmoud est un des meilleurs joueurs de Dammam actuellement en Iran. Il travaille également avec l’Ensemble ZÂR depuis dix ans.


Nemat Mobaraki : Ney Anban

 

Il a 27 ans et joue du Ney Anban depuis l’âge de 10 ans. Sa fougue et son talent artistique l’ont amené à jouer dans différents groupes de Boushehr et est présent comme invité.


Journée de la Francophonie

4 mai 2005

 

"La Francophonie, ce n'est pas seulement la défense d'une langue. C'est, à travers et par la défense de cette langue, le combat pour certaines valeurs. La Francophonie, ce n'est pas seulement la défense de la langue française. C'est, à travers et par la promotion de la langue française, l'engagement en faveur de la diversité linguistique et, au-delà, de la diversité culturelle et du dialogue des cultures."  Abdou Diouf, Secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie.

Chaque année, dans plus d’une centaine de pays, la fête de la Francophonie a pour but de valoriser la langue que nous avons en partage, toute la richesse de la diversité des cultures, la force des valeurs humanistes.

La mission et les orientations de la Francophonie ont été définis dans des objectifs : promouvoir la langue française et la diversité culturelle et linguistique ; promouvoir la paix ; appuyer l’éducation, la formation, l’enseignement supérieur et la recherche ; développer la coopération au service du développement durable et de la solidarité.
Pour atteindre ces objectifs, en montrant bien que la Francophonie est plurielle et moderne, qu’elle est engagée dans la réalité du monde et disponible pour contribuer à relever le défi de la paix et celui de la diversité, la participation et le soutien actif sont essentiels.

Depuis plusieurs années, l’Ambassade de France en Iran organise un concours national autour de la langue ouvert aux jeunes iraniens francophones. Composé de personnalités, le jury récompense par un voyage d’une semaine à Paris deux lauréats sélectionnés pour l’excellence de leurs écrits.

Pour la deuxième année consécutive, un nouveau concours en direction des enfants, jeunes apprenants de français, a été mis en place sur l’ensemble du pays.

Paix, dialogue et diversité culturelle sont des thèmes abordés lors de la table-ronde publique animée par M. Jack Batho, directeur de la programmation à l’Agence Intergouvernementale de la Francophonie et spécialiste des questions de francophonie et de diplomatie culturelle.

Ces rencontres seront donc l’occasion de célébrer la Francophonie en portant ses valeurs d’amitié dans la diversité.


 

Rencontre avec la photographie

 

Placées sous le thème de l’ouverture, ouverture aux autres, au monde et à toutes les expressions artistiques, la 5ème  édition des Rencontres de la photographie africaine de Bamako donnent un visage concret et attrayant de la diversité culturelle pour laquelle la France se mobilise, partout dans le monde. Bamako est donc la capitale de la photographie africaine, mais d’une Afrique qui livre son regard et reçoit celui des autres. Confrontation de sujets et de points de vue, échange à plusieurs voix entre créateurs et spectateurs, loin d’un discours convenu sur la diversité culturelle et au cœur du dialogue entre les cultures.  

Le thème général de l’exposition porte sur le sens du rite dans les sociétés. Qu’ils soient sacrés ou profanes, ils révèlent l’essence même de notre humanité. Lorsque les rites sacrés sont habités par Dieu ou les dieux, les rites profanes se préoccupent de l’individu. Lorsque nous les appliquons à la photographie, ils illustrent la relation que nous entretenons avec le problème de la représentation. Le sacré est par définition ce que nous ne pouvons pas voir. Ce qui ne doit pas être vu. Le profane est commun. L’expérience de la vie quotidienne. 

L’Association Française d’Action Artistique (AFAA) propose un choix de huit photographes, soixante-dix photographies pour une exposition itinérante dans le monde. Trois photographes d’Afrique du Nord, l’un Thami Benkirane, évoquant l’un des rites de l’Aïd el-Kebir, Mohamed Dib, une Algérie nostalgique et Zoulikha Bouabdellah montrent que désormais le Maghreb fait partie intégrante des Rencontres Africaines. Avec André Albany, c’est le rythme suranné d’une Réunion aux parfums coloniaux. Zwelethu Mthethwa, révèle un christianisme aux accents syncrétiques. Michèle Magema et Myriam Mihindou sont de jeunes africaines qui s’interrogent sur le rôle de la femme dans la société traditionnelle. Enfin, Emeka Udemba s’intéresse aux symboles de la vie communautaire en Afrique du Sud. 

Simon Njami, commissaire des expositions de Bamako, est l’invité d’honneur de ces rencontres entre l’Afrique et l’Iran. Au cours de cette manifestation, il animera des discussions autour de la photographie contemporaine et présentera les projections de l’ensemble des photographies de la 5ème Rencontre de Bamako.

 


 

Zineb Sedira

Algérie

 

Son œuvre se lit comme une autobiographie qui met en lumière les paradoxes de sa double identité algérienne et française, auquel s’ajoute son statut de résidente en Angleterre. Elle utilise la vidéo, la photographie, l’écriture, l’espace d’installation et la technologie d’ordinateur pour examiner les différentes thématiques que sont la famille, le langage et la mémoire. Elle aime questionner et réinterpréter la dichotomie entre les images familières occidentales et les icônes et rituels arabes islamiques. La relation mère-fille est l’un de ses thèmes favori.


 

Thami BENKIRANE

Maroc

 

Thami Benkirane est né en 1954 à Fès, où il vit et enseigne à la Faculté de Lettres. Le rite sacré que décrit la série Revenons à nos moutons dérive de la parabole biblique dans laquelle Abraham est sommé de sacrifier son unique fils à Dieu. Sauvé de cette épreuve, il sera remplacé par un agneau qui fera désormais office de victime sacrificielle.

Ainsi, chaque année lors de l’Aïd el-Kébir des milliers de moutons sont sacrifiés. A une échelle plus réduite, celle de l'immeuble du photographe, le même rituel est observé : chaque famille marocaine musulmane commémore le sacrifice d'Abraham. La cour intérieure commune à l'immeuble est transformée pendant quelques heures en abattoir improvisé.


 

André ALBANY

La Réunion

 

Né en 1903, à Saint-André, Île de La Réunion, André Albany s’initie à la photographie aux côtés de son père. Lors d’une exposition, ses oeuvres sont remarquées par certaines autorités locales et une bourse lui est accordée afin d’étudier la photographie à Paris.

Il est le premier élève inscrit à l’Ecole Nationale de la Photographie (Vaugirard-Louis Lumière), créée en 1926. Après cet apprentissage parisien, il revient à la Réunion et installe son premier studio à Saint-André. Des années 1930 à 1980, André Albany réalise quelque 10 000 photographies, ainsi que des films documentaires, ayant pour thème principal l’Île de La Réunion. A la fois reporter et « illustrateur », comme il lui plaît de se définir, il est un remarquable témoin d’une histoire réunionnaise en mouvement.


 

Zoulikha BOUABDELLAH

Algérie

 

Zoulikha Bouabdellah est née en 1977 à Moscou. En 1997 elle entre à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts à Paris. En 2005 elle obtient une bourse de résidence Villa Médicis hors les murs à Cape Town, en Afrique du Sud. Son travail vidéographique et photographique tisse des liens entre l’intime et le collectif, le passé et le présent, l’ici et l’ailleurs. Les deux séries de photographies Tempo et  Thé sont un prétexte à la réflexion sur le temps.

Comment matérialiser le temps alors qu’il est défini comme la “matière usée ” ? Comment le photographier alors qu’il est l’une des conditions préalables à la réalisation de l’image par le biais de la lumière ?


 

Mohamed DIB

Algérie

 

Né à Tlemcen en 1920, Mohamed Dib obtient deux certificats d’études «l’indigène» et «l’européen» puis devient instituteur en 1938. A partir de 1951 il est journaliste à ‘Alger républicain’ et à ‘Liberté’. C’est en 1952 que paraît la Grande Maison, son premier roman qui décrit l’Algérie rurale des années 30. Suivent l’Incendie (1954) et Le Métier à tisser (1957), trilogie sur ce pays dont il sera expulsé en 1959 en raison de ses activités militantes.

Son oeuvre, forte de nombreux romans et poèmes, est récompensée entre autres par le Grand Prix de la Francophonie en 1994. Les photographies prises à Tlemcen en 1946 forment à part entière un maillon de cette oeuvre empreinte de nostalgie et d’espoir. Mohamed Dib s’est éteint le 2 mai 2003.

 


 

Michèle MAGEMA

République du Congo

             

Michèle Magema est née à Kinshasa en 1977. Son travail entretient un dialogue permanent entre sa culture congolaise et sa culture française d’adoption. Dans ses photographies et ses vidéos, Michèle Magema donne à voir l'intime dans ce qu'il peut avoir de plus trivial (Mes Petits rituels et ses gestes quotidiens de la toilette).

C'est dans cette trivialité même que son travail accède à une dimension historique et politique, faisant partager la plus singulière des expériences : le déracinement. Renvoyant au statut de la femme, c'est le regard porté sur elle qui est dévoilé, aussi celui qu'elle porte sur elle-même, y compris lorsque le poids des traditions ne semble plus avoir d'emprise sur elle.


 

Myriam MIHINDOU

Gabon

 

Myriam Mihindou, née en 1964, a passé son enfance au Gabon. Elle s’inscrit à l’Ecole des Beaux-Arts de Bordeaux où elle commence à explorer le thème Rupture et sevrage, questionnant le rapport à l’espace qu’entretient l’être humain en exil. Elle part pour l’Ile de la Réunion, où la rencontre de poètes, musiciens, plasticiens réunionnais est enrichissante. Myriam Mihindou présente une exposition personnelle au FRAC-Réunion : Tout le monde a peur, qui permet de découvrir ses premières photographies, véritables sculptures de chair. La Relique d’un corps domestique poursuit cette vision d’un corps féminin qui, en rupture avec son caractère d’icône, laisse affleurer un langage aussi poétique que violent.


 

Zwelethu MTHETHWA

Afrique du Sud

 

Zwelethu Mthethwa est diplômé de l’Institut des Beaux-Arts de l’Université du Cap, où il a suivi une formation de photographe. Il s’installe ensuite aux Etats-Unis, où il entreprend un doctorat à New York. De retour en Afrique du Sud, il crée des portraits d’individus dans leur espace intime, dans les bidonvilles aux alentours du Cap.

Dans la série Sacred Homes (1999), le souvenir de poussières et de cire émane des tons adoucis d’images qui figent ces moments d’extase rapprochant l’être humain du spirituel, ces cérémonies qui mêlent la subjectivité à la croyance collective, le personnel au social.


 

Emeka UDEMBA

Afrique du Sud

 

Emeka Udemba est né au Nigéria en 1968. Il crée également des installations. Ses œuvres traitent de la communication et de l’expérience humaine dans la sphère sociale et politique, à laquelle on accède par des interfaces de plus en plus transparentes. Cela se manifeste avec force dans ses photographies, où des lambeaux d’affiches collées aux murs et sur d’autres espaces jouent un rôle central.

Pour Udemba, ces affiches collées de façon illicite dans des lieux publics, participent d’une sous-culture d’information. Leurs contenus, taillés sur mesure pour les lieux immédiats, reflètent une intimité qui représente la vie sociale et la culture des communautés.